Joséphine et les roses | Les jardins de Malmaison créés par l’impératrice de Napoléon

Dans l’histoire de France, Joséphine, épouse de Napoléon Bonaparte et impératrice des Français, est connue pour sa passion pour les roses.
Ayant vécu entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, Joséphine aménagea au château de Malmaison, près de Paris, un jardin réunissant des plantes rares provenant de différentes régions du monde.
Elle consacra une attention toute particulière à la collection et à la culture des roses.
Outre les roses traditionnellement cultivées en Europe, Joséphine rassembla des variétés rares originaires notamment de Chine. Selon certaines estimations, plus de 250 variétés de roses auraient été présentes à Malmaison.
Elle soutint également des botanistes, des horticulteurs et des artistes, contribuant ainsi de manière significative à l’étude et à la documentation des plantes.
Ses activités exercèrent une influence sur la culture horticole française de son époque, et les roses de Malmaison continuent aujourd’hui encore de faire partie de son héritage.
Pourquoi Joséphine éprouvait-elle une telle passion pour les roses, et comment parvint-elle à constituer une collection botanique aussi remarquable à Malmaison ?
Dans cet article, je présente la vie de Joséphine, les jardins du château de Malmaison, ses activités de collection et de culture des roses, ainsi que l’influence qu’elle exerça sur l’horticulture des générations suivantes.
- 1. Joséphine, impératrice de Napoléon
- 2. Le château de Malmaison et l’aménagement de ses jardins
- 3. Des roses rassemblées de différentes régions du monde
- 4. Les serres de Malmaison consacrées aux plantes rares
- 5. Une passion pour les jardins qui se poursuivit après le divorce
- 6. Les roses de Malmaison, un héritage préservé jusqu’à nos jours
- 7. Conclusion
1. Joséphine, impératrice de Napoléon
Joséphine naquit en 1763 sur l’île de la Martinique, dans les Caraïbes.
Son nom de naissance était Marie Josèphe Rose Tascher de La Pagerie, et elle était initialement appelée « Rose ».
À cette époque, la Martinique était une colonie française. Joséphine grandit dans une famille d’origine française possédant une plantation sur l’île. La Martinique bénéficie d’un climat chaud et abrite une végétation tropicale abondante, très différente de celle de l’Europe. Joséphine passa ainsi son enfance au contact de cet environnement naturel.
En 1779, à l’âge de seize ans, elle partit pour la France et épousa Alexandre de Beauharnais, un aristocrate français. Le couple eut deux enfants, Eugène et Hortense, mais leurs relations se détériorèrent progressivement, jusqu’à leur séparation.
Lorsque la Révolution française éclata en 1789, la vie de Joséphine, qui appartenait à la noblesse, connut de profonds bouleversements.
En 1794, son époux Alexandre fut exécuté par le gouvernement révolutionnaire, tandis que Joséphine fut elle-même emprisonnée. Elle fut cependant libérée après la chute de Robespierre, la même année, et retrouva la société parisienne.
En 1795, Joséphine rencontra Napoléon Bonaparte, alors jeune officier, qu’elle épousa l’année suivante, en 1796.
Napoléon remporta plusieurs succès militaires, notamment lors de sa campagne d’Italie, avant de prendre le pouvoir en France à la suite du coup d’État de 1799. En 1804, lorsqu’il devint empereur des Français, Joséphine accéda au rang d’impératrice.
Devenue impératrice, Joséphine mena une vie fastueuse à la cour, tout en manifestant un vif intérêt pour les arts, la mode et la décoration intérieure.
Cependant, c’est à la collection de plantes et à l’aménagement de jardins qu’elle consacra une passion toute particulière.
Elle rassembla des plantes rares provenant du monde entier et entreprit de créer le jardin idéal qu’elle imaginait, avec le concours d’horticulteurs et de botanistes spécialisés.
Le centre de cette activité fut le château de Malmaison, une propriété située près de Paris qu’elle avait acquise en 1799.
2. Le château de Malmaison et l’aménagement de ses jardins
En 1799, Joséphine acheta le château de Malmaison, situé à Rueil, à l’ouest de Paris.
Malmaison devint la résidence privée de Napoléon et de Joséphine, mais également un lieu de rencontre fréquenté par des hommes politiques, des militaires et des artistes.
Joséphine entreprit d’aménager cette propriété afin d’y réaliser sa conception idéale du jardin.
Pour cela, elle s’inspira notamment des principes du jardin paysager anglais, alors très apprécié en Europe.
Contrairement au jardin à la française, qui privilégie les parterres symétriques et les compositions géométriques, le jardin paysager anglais cherche à évoquer des paysages naturels grâce à des allées sinueuses, des pelouses, des arbres et des plans d’eau.
Joséphine poursuivit l’aménagement des jardins avec l’aide de plusieurs spécialistes, parmi lesquels figurait l’architecte paysagiste Louis-Martin Berthault.
Des chemins aux courbes harmonieuses, des pelouses et des étangs furent aménagés sur le domaine, créant des paysages donnant l’impression de se promener au cœur de la nature. De nombreuses espèces d’arbres et de fleurs furent également plantées, permettant d’admirer des paysages différents au fil des saisons.
Joséphine accorda par ailleurs une grande importance à l’introduction de plantes rares provenant de diverses régions du monde.
À cette époque, la collection de plantes exotiques importées de pays lointains se répandait parmi les classes aisées et les amateurs de botanique européens. Joséphine partageait cet intérêt et rassembla de nombreuses espèces végétales grâce à ses relations avec des horticulteurs, des pépiniéristes et des botanistes de différents pays d’Europe.
Des serres furent également construites sur le domaine afin de permettre la culture, en France, de plantes originaires de régions plus chaudes. Elles servaient à protéger les espèces sensibles au froid et à cultiver ou observer des végétaux encore rares en Europe.
Malmaison devint ainsi à la fois un jardin destiné à l’agrément et un lieu consacré à la collection et à la culture de plantes provenant du monde entier.
Parmi toutes ces plantes, les roses occupaient une place particulièrement importante dans les passions de Joséphine.
3. Des roses rassemblées de différentes régions du monde
Joséphine réunit dans les jardins de Malmaison une grande diversité de roses.
À cette époque, plusieurs groupes de roses étaient déjà cultivés depuis longtemps en Europe, notamment les rosiers galliques, les rosiers de Damas et les rosiers cent-feuilles.
Les rosiers galliques appartiennent à un groupe ancien caractérisé notamment par des fleurs rouges ou rose foncé. Les rosiers de Damas sont réputés pour leur parfum intense. Quant aux rosiers cent-feuilles, ils se distinguent par leurs nombreuses pétales superposés et leur floraison généreuse, ce qui leur vaut également le nom de « roses chou ».
Outre ces roses traditionnelles européennes, Joséphine s’intéressa également aux roses rares introduites notamment depuis la Chine.
Les rosiers d’origine chinoise apportèrent en effet de nouvelles caractéristiques à l’horticulture européenne.
La plupart des roses traditionnellement cultivées en Europe fleurissaient une seule fois par an, généralement entre le printemps et le début de l’été. Certaines roses venues de Chine possédaient, en revanche, la capacité de fleurir à plusieurs reprises entre le printemps et l’automne.
Cette aptitude à la floraison remontante devait par la suite exercer une influence considérable sur la création de nouvelles variétés.
Entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, les échanges entre l’Europe et les autres régions du monde s’intensifièrent, favorisant l’introduction de plantes jusque-là peu connues des Européens.
Joséphine s’appuya sur ses relations avec des horticulteurs, des botanistes et des pépiniéristes pour se procurer une grande diversité de roses.
Il est notamment établi qu’elle continua à obtenir des plantes grâce à ses relations avec des horticulteurs et des pépiniéristes britanniques, même pendant les périodes de guerre entre la France et le Royaume-Uni.
Grâce à ces activités de collection, plus de 250 variétés de roses auraient été réunies à Malmaison.
Joséphine employa également des horticulteurs qualifiés et accorda une grande attention à la culture et à l’entretien des roses qu’elle avait rassemblées. Les rosiers provenant de régions différentes nécessitaient en effet des conditions adaptées à leurs caractéristiques, notamment en matière de sol, d’ensoleillement et d’arrosage.
Malmaison devint ainsi un lieu où pouvaient prospérer des roses très diverses, allant des variétés traditionnelles européennes aux variétés rares venues d’autres régions du monde.
Pour Joséphine, les roses représentaient non seulement de magnifiques fleurs à admirer, mais également une occasion de découvrir et d’étudier les caractéristiques des plantes provenant de différents horizons.
4. Les serres de Malmaison consacrées aux plantes rares
Les jardins de Malmaison devinrent également célèbres pour la culture de plantes rares provenant de nombreuses régions du monde.
Joséphine rassembla activement des espèces végétales encore peu connues en Europe et chercha à les cultiver dans les conditions climatiques françaises.
Les serres aménagées dans les jardins jouèrent un rôle essentiel dans cette entreprise.
Dans la France de cette époque, les plantes originaires des régions tropicales et subtropicales étaient difficiles à cultiver en plein air. Il était donc nécessaire de disposer d’installations capables de les protéger du froid hivernal.
À Malmaison, des serres utilisant le verre pour laisser pénétrer la lumière du soleil furent construites et équipées de systèmes de chauffage permettant de maintenir une température adaptée. Ces installations rendaient possible l’entretien, tout au long de l’année, de plantes sensibles au froid.
Outre les roses, Joséphine collectionna de nombreuses plantes, notamment des camélias, des magnolias et des pivoines. Des espèces originaires d’Australie, encore rares dans les jardins européens de l’époque, furent également cultivées à Malmaison.
L’introduction de ces plantes fut étroitement liée aux grandes expéditions maritimes organisées à travers le monde.
L’un des exemples les plus représentatifs est l’expédition française dirigée par Nicolas Baudin entre 1800 et 1804.
Au cours de ce voyage, les milieux naturels des régions entourant l’Australie furent étudiés, et de nombreux spécimens végétaux et animaux furent collectés. Une partie des plantes rapportées fut envoyée à Malmaison, où les horticulteurs entreprirent de les cultiver et de les observer.
Joséphine soutint également des botanistes et des horticulteurs, en leur offrant un environnement favorable à l’étude de la croissance des plantes et des méthodes de culture. Des jardiniers spécialisés assuraient l’entretien du domaine et adaptaient les conditions de culture aux besoins de chaque espèce, notamment en matière de sol, d’humidité et de température.
Malmaison devint ainsi un lieu où l’on cultivait des plantes encore rares en France, attirant l’attention des botanistes et des horticulteurs.
5. Une passion pour les jardins qui se poursuivit après le divorce
En 1809, Napoléon et Joséphine divorcèrent.
Napoléon souhaitait avoir un héritier masculin pour assurer la succession impériale, mais aucun enfant n’était né de leur union. Il décida donc de contracter un nouveau mariage dans l’espoir d’obtenir un héritier.
Après leur divorce, Joséphine conserva son titre d’impératrice, tout en se retirant de ses fonctions officielles à la cour. Elle continua cependant à vivre à Malmaison et à se consacrer à sa passion pour les plantes.
Joséphine demeura propriétaire du château de Malmaison et poursuivit l’aménagement des jardins ainsi que ses activités de collection botanique. Elle bénéficia également du soutien financier de Napoléon et maintint ses relations avec les horticulteurs et les botanistes.
Libérée de ses obligations officielles à la cour, Joséphine put désormais consacrer davantage de temps à l’aménagement de ses jardins et à la culture des plantes.
À Malmaison, les espèces rares provenant de différentes régions du monde continuaient d’être cultivées, tandis que la collection de roses faisait l’objet de soins attentifs.
Joséphine s’intéressait non seulement à la collection des plantes, mais également à leur culture et à l’amélioration des variétés. Elle soutenait les travaux des spécialistes qui l’entouraient. Dans les jardins, les activités de culture se poursuivaient en tenant compte des caractéristiques et du développement des différentes espèces.
Le château de Malmaison demeurait par ailleurs une résidence privée où Joséphine recevait des membres de familles royales européennes, des aristocrates et des artistes.
En 1814, après l’abdication de Napoléon, le tsar Alexandre Ier de Russie, arrivé en France, se rendit à Malmaison et rencontra Joséphine.
Ainsi, même après s’être retirée de ses fonctions officielles d’impératrice, Joséphine continua à entretenir une vie sociale active autour de Malmaison, tout en vivant entourée de plantes.
Le 29 mai 1814, Joséphine mourut au château de Malmaison, à l’âge de cinquante ans. Après sa disparition, le vaste domaine fut progressivement morcelé, et une grande partie des plantes qui y avaient été rassemblées disparut également.
Néanmoins, les documents consacrés aux plantes collectionnées par Joséphine furent conservés et transmis aux générations suivantes. Sa collection de roses, en particulier, demeura étroitement associée à Malmaison et occupa une place importante dans l’histoire de l’horticulture.
6. Les roses de Malmaison, un héritage préservé jusqu’à nos jours
Aujourd’hui, le château de Malmaison est ouvert au public en tant que musée et constitue un lieu de mémoire consacré à l’époque de Joséphine et de Napoléon. Ses jardins font également l’objet d’un entretien et d’aménagements destinés à faire découvrir l’histoire des plantes qu’affectionnait Joséphine.
En 2014, à l’occasion du bicentenaire de la mort de Joséphine, un jardin réunissant des variétés anciennes de roses fut aménagé à Malmaison.
Ce jardin présente notamment des roses cultivées à l’époque de Joséphine, ainsi que des variétés historiques connues depuis le XIXe siècle ou auparavant.
Les rosiers galliques, les rosiers de Damas et les rosiers cent-feuilles, appréciés depuis longtemps en Europe, occupent une place particulièrement importante dans la compréhension de la culture horticole de cette époque.
Ces roses possèdent des formes florales et des parfums qui les distinguent de nombreuses variétés modernes. Elles permettent ainsi de découvrir les caractéristiques et le charme des roses appréciées à l’époque de Joséphine.
Le souvenir de Joséphine et de Malmaison se perpétue également dans le nom d’une variété de rose : « Souvenir de la Malmaison ».
Créée en 1843 par l’obtenteur français Jean Béluze, cette rose est connue pour ses magnifiques fleurs rose pâle, composées de nombreux pétales superposés.
Son nom évoque le souvenir du domaine de Malmaison et rappelle les jardins auxquels Joséphine était si profondément attachée.
Ainsi, les jardins de Malmaison témoignent de la manière dont la passion d’une femme pour les fleurs a pu devenir, au fil des siècles, un véritable héritage culturel.
7. Conclusion
Si Joséphine est entrée dans l’histoire de France en tant qu’impératrice et épouse de Napoléon, elle a également laissé un héritage remarquable par son amour des plantes et son soutien à leur collection, à leur culture et à leur étude.
Entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, elle créa au château de Malmaison un jardin réunissant des plantes rares provenant de différentes régions du monde.
Elle consacra une passion toute particulière à la collection et à la culture des roses.
Outre les roses traditionnelles européennes, Joséphine rassembla des variétés rares originaires notamment de Chine. Selon certaines estimations, plus de 250 variétés de roses auraient ainsi été présentes à Malmaison.
Elle contribua également à la culture et à l’étude de nombreuses plantes en soutenant des botanistes et des horticulteurs, ainsi qu’en faisant aménager des serres adaptées aux espèces les plus délicates.
Aujourd’hui encore, les jardins du château de Malmaison accueillent des roses historiques et permettent de découvrir l’héritage floral de Joséphine.





